COMMUNIQUES DE PRESSE   |   REVUE DE PRESSE   |   DOSSIER DE PRESSE



Monsieur Fortune : En blasphémant vos Dieux, j'ai blasphémé le mien - Grégori Dérangère
Publié le Février 2010

Grégori Derangère possède naturellement la silhouette de ces Anglais romantiques de la fin du XIXe.
Un atout maître pour interpréter monsieur Fortune.
Il lui restait un défi à relever : réussir à faire croire qu’il croit… Explications. Qui vous a choisi pour le rôle de monsieur Fortune ? Je crois que Bénédicte Lesage et Philippe Venault sont tombés d’accord à mon sujet et j’ai cru comprendre que ce choix plaisait bien à France 2.
Devant une telle unanimité j’ai été touché et même ému… alors, j’ai accepté ! Mais vous aviez aussi lu le scénario… Oui.
Les jolies filles en pagnes, l’eau bleue, les cocotiers ont penché dans la balance.
Mais, au-delà de l’aspect exotique du lieu de tournage, j’ai été saisi par le parcours de mon personnage.
L’interprétation de monsieur Fortune représente pour le comédien que je suis un défi capital : la foi.
N’étant moi-même pas croyant, cette difficulté m’est apparue comme très excitante.
Non seulement mon personnage croit, mais en plus il croit si fort qu’il veut en faire profi ter le plus grand nombre.
Je devais construire cette foi et cette force de conviction. Comment avez-vous trouvé cette foi ? J’ai appris le Pater Noster, je le récite en latin maintenant ! Et, je me suis convaincu qu’une présence m’accompagnait constamment, observait mes faits et gestes et était en lien permanent avec moi. C’était quelqu’un qui correspondait au “livre”.
Je n’ai jamais lu la Bible mais pendant les temps morts du tournage j’y ai jeté un œil, puisqu’elle était entre mes mains. J’ai été assez effaré par un passage très menaçant à l’égard d’habitants qui avaient banni un croyant de leur ville ; par Jésus aussi qui a toujours réponse à tout.
Alors à l’instar de mon personnage, j’ai laissé Dieu sur cette île. Quelles difficultés avez-vous rencontrées dans l’interprétation de monsieur Fortune ? C’était très délicat car, si je n’arrivais pas à montrer que j’avais profondément la foi, je pouvais friser le ridicule ou donner un petit côté malsain au personnage qu’il fallait absolument éviter.
Cela aurait réduit le propos.
Tout comme il aurait été malvenu, je pense, que le personnage de Théodore soit, comme dans le roman, un préadolescent de dix, douze ans. Vous êtes-vous documenté sur cette période ? Non.
D’ailleurs l’auteure, elle-même, ne s’était jamais rendue dans ces îles.
Et, pour moi ce film est une fable.
C’est “Une lubie de monsieur Fortune” et non “le voyage du séminariste Fortune”.
Je l’ai imaginé comme le fantasme de cet homme qui veut évangéliser des populations isolées.
Tout se passe d’ailleurs comme dans un rêve : il débarque sur l’île, un groupe de jeunes femmes l’accueille et l’emmène au village où il est accepté, il y construit sa maison en un tournemain… Il est un peu naïf, il est persuadé, par exemple, que le paradis existe.
Il est très profondément convaincu de sa foi mais ne cherche pas à l’imposer à tout crin.
Et, pour finir, il échoue et doit rentrer en Europe.
Il conclut en disant : “En blasphémant tes dieux, j’ai blasphémé le mien”.
 


Mascaret Films, Siège social: 12 rue Servandoni, 75006 Paris. Adresse de correspondance: 10 rue Waldeck Rochet - Bâtiment 521, 93300 Aubervilliers
Droits de reproduction et de diffusion réservés © 2007 Mascaret Films
DHTML JavaScript Menu By Milonic